École Buffon - collège Gaston Bachelard - Dijon
La « Confrérie du château d’eau » fait revivre le folklore dijonnais à la Nuit européenne des musées
En partenariat avec les Archives municipales de Dijon, les élèves de 6e de la classe à horaires aménagés arts plastiques du collège Gaston Bachelard et les élèves de CM2 de l’École Buffon ont présenté au public leur création collective : la Confrérie du château d’eau. Ce projet artistique et patrimonial, mené depuis le mois de janvier avec l’artiste Eva Pelzer, s’inscrit dans le cadre des 80 ans des Fêtes de la Vigne. Inspirés par les traditions populaires et les archives conservées par la Ville de Dijon, les élèves ont imaginé de toutes pièces un folklore contemporain autour de l’eau, entre mémoire locale, création artistique et fiction documentaire.
Le projet a débuté par une découverte du musée et des archives liées aux anciennes Fêtes de la Vigne, événement emblématique de la vie dijonnaise au XXe siècle. Les élèves ont pu observer photographies, costumes, objets et documents d’époque afin de comprendre la manière dont se construisent les traditions populaires et les cérémonies collectives. Cette plongée dans le patrimoine local a nourri leur imaginaire et leur a permis de réfléchir à la création d’une confrérie fictive contemporaine : celle du château d’eau, gardienne symbolique de la distribution de l’eau et de ses rituels.
Des archives dijonnaises à la naissance d’une confrérie imaginaire
Accompagnés par l’artiste plasticienne Eva Pelzer lors de plusieurs ateliers artistiques, les élèves ont conçu tous les éléments nécessaires à l’existence de cette mystérieuse confrérie. Les élèves de 6e et de CM2 ont notamment réalisé des objets en faïence : des pichets destinés à transporter l’eau, dont les formes s’inspirent directement des silhouettes de châteaux d’eau. Ils ont également imaginé et fabriqué les costumes des membres de la confrérie.
Les collégiens ont créé des couvre-chefs en forme de robinets, tandis que les élèves de CM2 ont confectionné des chasubles ornées du blason de la Confrérie du château d’eau. Chaque détail participait à la construction d’un univers crédible, à mi-chemin entre tradition populaire et invention artistique. Mais le folklore ne se limite pas aux objets et aux costumes. Les élèves ont aussi imaginé toute une culture autour de leur confrérie : une danse rituelle, baptisée « danse de distribution de l’eau », ainsi qu’un menu fictif pour les « fêtes de l’eau », où l’on pouvait notamment découvrir d’étonnants « spaghettis aux glaçons ».
Costumes, rituels et mockumentaire : inventer un nouveau folklore
Le projet a également pris une dimension audiovisuelle grâce à l’accompagnement de Martin Caye (journaliste) et de Julien Le Flohic (vidéaste) de l’association Magna Vox. Les élèves ont participé à la réalisation d’un « mockumentaire », autrement dit un faux documentaire reprenant les codes des films d’archives et des documentaires historiques. Les élèves de CM2 ont rédigé une voix off destinée à raconter l’histoire supposée de cette confrérie imaginaire, comme s’il s’agissait d’une véritable tradition bourguignonne oubliée puis redécouverte. Entre documentaire sérieux et humour décalé, ce travail a permis aux élèves d’explorer les mécanismes de fabrication du récit historique et des traditions collectives.
Présenté au public lors de la Nuit des musées, les visiteurs ont pu découvrir les costumes et les objets réalisés par les élèves, qui étaient présentés dans les vitrines du musée de la Vie bourguignonne. Neuf élèves de 6e étaient présentes lors de cet évènement, devenant ainsi les médiatrices du projet en suivant un parcours dans les salles, se terminant par la présentation du mockumentaire.
À travers cette création collective, les élèves ont mené un véritable travail de recherche, d’invention et de collaboration entre école primaire et collège autour de différentes pratiques artistiques : écriture, modelage, création textile et performance. La Confrérie du château d’eau illustre ainsi la richesse des projets mêlant patrimoine, arts plastiques et éducation artistique et culturelle. En revisitant les codes du folklore local avec humour et créativité, les élèves ont proposé une réflexion originale sur la manière dont naissent les traditions et sur la frontière parfois floue entre mémoire et invention. »
À l’occasion des 80 ans des Fêtes de la vigne, rendez-vous au musée de la Vie bourguignonne !
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Article proposé par Camille Amzallag, professeure référente culture



